François Rabelais

Il était moine, médecin, philologue, écrivain, prêtre, érudit, mais surtout une figure de proue de l'Humanisme durant la Renaissance française. Issu de la haute bourgeoise, il naquit en la Devinière à Seuilly, près de Chinon en Touraine.

Grand passionné des langues anciennes, c'est au couvent franciscain de Fontenay-le-Comte qu'il découvrit le grec dont l'étude fut alors proscrite par les autorités religieuses de la Sorbonne. Toujours avide de connaissances, il a obtenu le droit d'intégrer les bénédictins, plus ouvert au travail de l'esprit et à la culture profane. Il déserta ensuite la vie de moine pour se lancer dans l'étude de la médecine où il excella grâce à son savoir encyclopédique et sa compréhension des textes anciens des antiques médecins grecques.

Bien qu'il eut une bonne renommée à l'époque en tant que savant et médecin, c'est grâce à son œuvre romanesque que son nom passa à la postérité.

Sa saga des Géants, composée de ses cinq romans, reprend à la fois des figures médiévales et populaires tout en apportant un point de vue résolument moderne et humain sur le monde. Il y dépeint avec humour et satyre des personnages hauts en couleur et des situations grotesques à la limite de l'absurde. Rabelais a beaucoup été inspiré dans son travail par Thomas More et son Utopie ainsi que par l'écrivain Érasme dont il était un grand admirateur.

Souvent censuré et condamné pour sa position évangéliste et ses critiques faites au clergé, il publia ses premiers livres sous le pseudonyme Alcofribas Nasier. Par la suite, grâce à sa renommée et au succès de ses écrits, il obtint la protection du roi François Ier, grand mécène de la Renaissance en France, ce qui lui permit de publier tous ses livres sous son vrai nom.

Personnage pétri de paradoxes, François Rabelais était à la fois un prêtre anticlérical, un moine médecin et un humaniste inspiré par le Moyen-Âge.

Sa Biographie

Rabelais

Voici le résumé de la vie de François Rabelais en quelques dates clés et moments importants qui ont ponctué son existence :


  • Entre 1483 et 1494 : François Rabelais nait à Chinon, à la Devinière (la maison familiale). Nous ne sommes pas certains de sa date de naissance, elle se situe entre 1483 et 1494. Sa vie comporte d’ailleurs un grand nombre de zones d’ombre. Son père, Antoine, est un homme aisé. Il est sénéchal de Lerné, conseiller et avocat. On sait très peu de choses de l'enfance de François.
  • Entre 1519 et 1523 : Il rentre dans l'ordre des Franciscains et devient cordelier au couvent de Fontenay-le-Comte où il rencontre Pierre Amy avec lequel il commence l'étude des sciences et des langues latine et grecque. En 1523, après qu'Érasme ait édité des annotations critiques sur les anciens textes grecs du Nouveau Testament, une panique morale s'empare des théologiens de la Sorbonne qui interdisent l'étude du Grec ancien et on confisqua les ouvrages de Rabelais et Amy. Rabelais demanda alors à Geofroy d'Estissac, un de ses bienfaiteurs, de l'aider à quitter Fontenay-le-Comte. Grâce à son aide et l'aval du Pape Clement VII, Rabelais put rejoindre l'ordre de Saint-Benoît.
  • En 1525 : Il est maintenant chez les bénédictins. Ceux-ci mettent l’accent sur l’étude, la méditation des écritures et de la liturgie, ce qui convient mieux aux désirs de Rabelais. C’est durant cette période que Rabelais acquis son savoir encyclopédique et s'initia à la médecine. Il commença également à voyager dans différents endroits en France (Angers, Bourges, Orléans, Paris).
  • Entre 1528 et 1532 : Rabelais quitta son poste de moine pour commencer un bachelier en médecine à Paris. Cette désertion entraina pour lui une condamnation pour apostasie. C'est à cette époque qu'il entretiendra une relation intime avec une veuve. De cette union hors mariage naquirent deux enfants. En 1530, il partit à Montpellier pour continuer son bachelier qu'il obtiendra très rapidement grâce à ses connaissances livresques et linguistiques. Il y donna ensuite des cours de médecine et acquis rapidement une certaine renommée dans ce milieu. En 1532, il fut rattaché à l'hôpital de l'hôtel-Dieu de Lyon où il se fit une réputation de novateur en pratiquant, entre autres, la dissection.
  • En 1534 : Première publication de Pantagruel. Il part à Rome avec Jean du Bellay, alors évêque de Paris, envoyé en tant qu'ambassadeur auprès du Pape.
  • En 1535 : Première publication de Gargantua, deuxième roman de Rabelais. Au début de cette année-là, il fut viré de son poste, car il était suspecté de Luthéranisme. Il repart au milieu de l'année à Rome avec Jean du Bellay, alors cardinal. Il demande une absolution au Pape Paul III qui la lui donne et lui permet de rentrer en France pour pratiquer librement la médecine et reprendre l'habit noir des bénédictins.
  • En 1540 et 1542 : Il retourne une troisième et une quatrième fois en Italie avec Guillaume du Langey, le jeune frère de Jean du Bellay.
  • En 1546 : Publication du Tiers Livre à Paris. Tout comme les deux précédents, ce livre sera condamné par les instances religieuses de la Sorbonne, malgré le privilège royal donné par François Ier. Il se réfugie à Metz, alors ville du Saint Empire Germanique où il est nommé médecin de la cité.
  • En 1547 : François Rabelais repart à Rome avec Jean du Bellay. Cependant, la mort du roi François Ier, protecteur de Rabelais, lui fit perdre une partie de ses privilèges et il ne rentra pas en France de peur de représailles.
  • En novembre 1549 et en 1550 : Il rentre à Paris, sous la protection de certains de ses amis haut placés. Jean du Bellay arrive à lui donner le poste de curé de St-Christophe du Jambet et de Meudon. Le roi Henri II lui accorde un privilège royal pour la publication du Quart Livre, malgré la position farouchement anticléricale de Rabelais.
  • En 1552 : Paruption du Quart Livre, tout de suite censuré par les théologiens de la Sorbonne. C'est à cette époque qu'il serait tombé malade. Il fut emprisonné en fin d'année à cause de ses attaques contre la papauté.
  • Le 9 janvier 1553 : Il résigne ses cures de St-Christophe du Jambet et de Meudon (il quitte son poste de curé).
  • Le 9 avril 1553 : Il décède à Paris. Il fut enterré dans la paroisse Saint Paul.
  • En 1564 : Publication du Cinquième Livre à titre posthume

Sa Philosophie

Ce que l'on retient principalement de la mentalité de François Rabelais de nos jours c'est son appartenance au courant humaniste de la Renaissance française. En effet, Rabelais mettait en avant une vision du monde centré sur l'Humain. Cela est surtout visible dans ses idées pédagogiques. En effet, Rabelais rejetait l'éducation classique médiévale, très religieuse, théorique et rigide. Il favorisait plutôt un enseignement basé sur la pratique et l'expérience, critiquant l'étude purement livresque. Il avait un idéal de connaissance universelle et, pour s'en rapprocher au mieux, il prônait l'acquisition d'un savoir encyclopédique établi à partir des connaissances les plus variées que possible.

On retrouve beaucoup dans l'œuvre de Rabelais l'idée d'apprentissage par la joie. Apprendre et étudier doit être distrayant et doit assouvir la soif de curiosité tout en épanouissant l'âme.

À l'époque de Rabelais, l'Europe chrétienne était tiraillée par l'opposition entre les nouvelles Églises protestantes naissantes et l'ancienne Église catholique romaine en perte de vitesse. Les idéaux religieux de Rabelais sont imprégnés de ces tensions et des idées de retour aux sources du protestantisme. Il se veut évangéliste. Cela veut dire qu'il remet en question les derniers textes de la Bible modifiés par l'Église catholique et s'intéresse aux versions originales grecques du Nouveau Testament. Le but est de retrouver une certaine pureté des textes antiques, plus proche du christianisme des origines. En faisant cela, il remet aussi en cause l'existence de l'Église et du clergé dans la structure qu'elle avait à l'époque et critique le monachisme qui ne correspond à aucun précepte des textes bibliques originaux.

Sa philosophie est aussi une héritière des penseurs et auteurs de l'Antiquité greco-romaine.

Son Œuvre